Savoir être réactif pour stopper un acte violent et hors du contrôle de l’enfant

Il était presque quatorze heures et ce jour là, j’avais laissé mes enfants regarder plusieurs séries de dessins animés sur DVD pendant près d’une heure, de façon à avancer tranquillement dans le rangement de la cuisine et du reste de la maison. Quelques fois, j’étais venue les voir pour changer le DVD et je reconnais que lorsque je regarde mes enfants en train de regarder un dessin animé, je reste à chaque fois stupéfaite par leur regard passif et l’effet hypnotisant visible de ces écrans. Mais bon pour cette fois, j’avais fait ce choix là pour pouvoir souffler un peu…

Peu avant d’éteindre la télévision, je m’étais présentée devant eux pour leur annoncer que je leur permettrais de voir un dernier épisode, puis que j’arrêterais les dessins animés. Lorsque je suis revenue et que l’épisode venait de se terminer, j’ai appuyé sur le bouton stop, ouvert le lecteur DVD pour en sortir le disque et en une fraction de seconde, j’ai vu mon fils de trois ans et demi attraper sa petite chaise et la lever au ciel, littéralement prêt à la taper de toutes ses forces contre la table basse ! Par chance, j’étais suffisamment proche pour attraper les pieds de la chaise et stopper son geste, de façon à ce que personne ne soit blessé et que rien ne soit cassé. Alors que nous avions tous les deux la chaise en mains, mon fils s’est mis à rager et à hurler. Pour plus de sécurité, j’ai doucement retiré la chaise de ses mains, puis je l’ai entouré de mes bras. Sa colère était grande parce qu’au début il a essayé de m’attraper et de me pincer de toutes ses forces au bras. Et comme je l’ai tenu suffisamment pour qu’il ne puisse pas me faire mal, il se débattait dans mes bras et il criait. Sa crise a continué pendant une dizaine de minutes au moins, puis il a commencé à se détendre en posant sa tête contre moi. Une fois que l’orage est passé, il a retrouvé le sourire, le calme et il a pu rejoindre son frère pour jouer avec lui dans la plus grande légèreté.

Encore une fois, je suis vraiment heureuse de savoir que ce genre de comportement est hors du contrôle de l’enfant lorsqu’il a perdu sa connexion avec un adulte et qu’il est débordé par des émotions qui ont envahi tout son système ; mais aussi d’avoir pu stopper son geste à temps… En effet, à la seconde où ça s’est passé, je n’en croyais pas mes yeux de ce qu’il s’apprêtait à faire ! D’ailleurs, si je n’avais pas pu empêcher mon fils de fracasser sa chaise sur la table basse, cela aurait réveillé des sentiments extrêmes chez moi et peut être que cela aurait provoqué une réaction violente de ma part… Heureusement cette fois-ci, j’ai pu assurer la sécurité de tout le monde, en posant une limite ferme et bienveillante. Et j’avoue que je suis assez satisfaite et fière d’avoir pu utiliser cette option là face à l’agissement de mon fils, en restant à ses côtés dans un moment d’émotion intense et jusqu’à apaisement.

Une anecdote illustrant un outil d’écoute nommé Poser les limites, racontée par Chloé Saint Guilhem