Rester-écouter mon fils suite à un accident de vélo

Notre famille était en vacances et mon fils Henry, âgé de trois ans et demi avait emmené sa draisienne avec lui. Un jour, tandis qu’il était sur sa draisienne, il descendit une pente assez raide. La draisienne se mit à aller de plus en plus vite et commença à osciller. Je ne réussis pas à l’atteindre à temps, et il fit une sacrée chute sur le visage (il portait un casque). Je courus jusqu’à lui. Henry était en train de pleurer très fort. Je m’assit au sol, le prit sur mes genoux et commençai à l’écouter.

Sa bouche saignait abondamment et il avalait son sang. Il était assez effrayé. Je savais que la bouche a tendance à saigner facilement et qu’il n’est pas courant de faire des points de suture à l’intérieur de la bouche. Les gens se précipitèrent vers nous pour proposer les premiers soins et de la glace. Je dis que nous pourrions en avoir besoin un peu plus tard mais que nous allions bien pour le moment. Certaines personnes me regardèrent avec incrédulité et avec ce qui je pense était de la désapprobation, mais je décidai de me concentrer sur mon fils. Je voulais vraiment essayer de l’écouter et de rester présente, étant donné que j’avais entendu de très belles histoires comme quoi cela pouvait bénéficier au processus de guérison émotionnelle et physique.

Lorsque je vis la lèvre de Henry gonfler et foncer, je me sentis un peu effrayée et nerveuse. Il avala également une certaine quantité de sang. Je mis toute fois ces pensées de côté et continuai à l’écouter. Des gens continuaient à s’approcher de nous et à suggérer ce qu’il serait bon de faire. Je sentis qu’ils me considéraient comme une vraiment mauvaise mère – à leurs yeux, je ne faisais rien. Je continuai à protéger Henry et notre connexion et je me concentrai sur nous. Il continuait de pleurer vraiment fort.

Le saignement s’arrêta finalement. Je pus voir que toutes ses dents étaient intactes. Henry commença à faire des demandes tout en pleurant. Je l’écoutai et lui répondit que pour le moment, je voulais juste l’écouter. De temps en temps je lui dis, « Tu es tombé de ta draisienne » ou « Tu t’es blessé la lèvre. » Les pleurs continuèrent durant environ vingt à trente minutes. Vers la fin de ses pleurs, la chose la plus incroyable se produisit : le gonflement de ses lèvres diminua et elles revinrent quasiment à leur couleur normale. Je n’en croyais pas mes yeux. Si je n’avais pas été moi-même témoin de ce processus, j’aurais eu du mal à y croire. Finalement, Henry avait fini de pleurer.

Je suggérai que nous continuions notre promenade. Henry dit qu’il voulait que je le porte. Je reconnus ce qu’il dit et suggérai qu’il essaie de marcher. Puis je dis, « Si tu veux, tu peux monter sur sa draisienne. » Il dit, « Oui » et entrepris de monter sur sa draisienne. C’était incroyable.

Les gens qui nous observaient se montrèrent surpris. Je me demandai ce qu’ils pensaient maintenant à propos de ma façon d’être parent et je me sentis contente de moi. Cet après-midi là, Henry et moi sommes sortis de nouveau, il enfourcha sa draisienne et descendit la même pente, cette fois avec grâce. Mon cœur se remplit de gratitude. Sa lèvre paraissait presque normale et elle guérit entièrement au bout de quelques jours. J’ai eu le sentiment d’avoir fait l’expérience d’une façon presque miraculeuse d’aider mon enfant face à une blessure.

Une anecdote illustrant un outil d’écoute nommé Rester-écouter racontée par une maman basée en Californie aux Etats-Unis. Extrait du livre Listen : Five Simple Tools to Meet Your Everyday Parenting Challenges de Patty Wipfler et Tosha Schore. Traduit de l’anglais par Chloé Saint Guilhem