Une bonne sieste après une longue crise de larmes

Je passais l’après midi avec des amies avec qui nous nous réunissions pour travailler sur un projet. J’étais avec mes deux enfants et nous nous trouvions chez l’une de mes amies qu’ils connaissent bien ; sa fille étant présente aussi. En général, mes garçons continuent d’apprécier de faire une sieste l’après-midi, mais ce jour là je m’étais dit qu’ils seraient sûrement contents de rester éveillés le temps de notre réunion, et d’en profiter pour jouer avec leur camarade. De plus, ils seraient assez fatigués pour s’endormir tôt le soir, ce qui n’était pas pour me déplaire…

Nous étions au milieu du mois de novembre et après le déjeuner, mon amie avait trouvé les dernières fraises de la saison dans son jardin ! Ravie, elle les avait mises dans un bol pour les offrir aux enfants qui se trouvaient dans le salon à côté de nous. Une fois le bol terminé, l’un de mes fils s’est approché de moi en demandant encore des fraises. Je l’ai regardé et lui ai expliqué que c’était les dernières et qu’il n’y en avait malheureusement plus. Mais il continuait de me demander de façon répétée : « Je veux encore des fraises » ; « Je veux encore des fraises. » J’ai compris que la connexion était coupée et qu’il venait me chercher pour trouver de l’écoute. Au moment où je me suis approchée de lui en l’entourant de mes bras, il s’est effondré en larmes instantanément. Toujours en réunion avec mes amies qui ont l’habitude d’entendre des enfants décharger leurs sentiments, j’ai gardé mon fils dans mes bras qui me répétait inlassablement, qu’il voulait des fraises ! Il pleurait et pleurait encore et je suis Restée-écouter. Au bout d’une quinzaine de minutes, ses pleurs se sont ralentis et il s’est endormi tout doucement dans mes bras. Apparemment cet après-midi là, il avait un plus grand besoin de se libérer de quelques sentiments désagréables et de faire une petite sieste, que de rester jouer avec son frère et leur petite copine.

J’ai été assez amusée – lorsque mon fils s’est réveillé – qu’il me demande immédiatement des fraises et qu’il reprenne ses pleurs là où il les avait interrompus ! Apparemment, fatigué, il s’était endormi sans avoir pu aller au bout des sentiments qui l’encombraient alors. Je suis émerveillée par ce processus si naturel et la capacité de mes enfants à trouver la moindre opportunité pour évacuer les tensions qu’ils portent à un moment ou à un autre. Mon fils était certainement frustré qu’il ne reste plus de fraises à manger, mais j’ai l’impression que ce prétexte a servi à ce qu’il décharge d’autres sentiments. Une fois qu’il a eu terminé, Il a quitté mes bras et est reparti trouver les autres enfants, ravi de se joindre à leur jeu. Après une bonne crise de larmes j’ai souvent remarqué que mes enfants avaient un visage détendu et le regard pétillant, comme s’ils se réveillaient d’un sommeil profond et récupérateur. La suite de l’après midi s’est déroulée dans la plus grande souplesse pour mon fils, avec son frère et leur camarade.

Une anecdote illustrant un outil d’écoute nommé Rester-écouter, racontée par Chloé Saint Guilhem

Chloé Saint Guilhem est psychologue et psychothérapeute et s’est formée à l’approche Grandir Main dans la Main pour devenir instructrice en 2016. Elle propose des consultations et des ateliers en France pour favoriser des relations proches et de confiance entre parents et enfants.