« S’il te plaît ne fais pas mal à ton frère ! » L’option du Jeu-écoute pour aider mes enfants à sortir d’un épisode agressif entre eux

Nous étions à la fin d’une semaine stressante pour moi et je ne me sentais pas particulièrement détendue. En arrivant à la crèche pour venir chercher mes enfants, j’avais dit aux professionnels qui s’en occupent – parce que j’y avais pensé sur la route – qu’en arrivant à la maison, même s’il ne serait pas très tôt, la première chose que je devrais faire avant de préparer le dîner ou quoi que ce soit d’autre, serait d’offrir de l’attention à mes enfants et de jouer avec eux, parce que nous avions vraiment manqué de ce genre d’interactions détendues depuis plusieurs jours… Donc je m’étais en quelques sortes « programmée » dans cette perspective.

Alors que nous étions en train d’arriver à la maison, l’un de mes fils a négocié que je les dépose devant la maison et que j’aille garer la voiture après, au lieu de garer la voiture d’abord et que nous marchions ensemble jusqu’à la maison. J’ai accepté sa proposition mais en passant devant la boulangerie, mon autre fils a décidé qu’il voulait un bonbon au chocolat… Comme je venais de me garer devant chez nous, je lui ai dit que j’étais d’accord pour leur donner un carré de chocolat à la maison, mais comme il insistait pour avoir un bonbon au chocolat de la boulangerie et que j’ai refusé, il s’est mis à pleurer et a faire une crise de rage, là dans la voiture. L’instant d’après, son frère jumeau s’est lui-même mis à crier et à le taper, donc j’ai vite réagi pour les protéger l’un de l’autre physiquement, en même temps que ça se mélangeait dans ma tête : « Ouahou… ok, qu’est ce que je fais maintenant ? » Et je ne sais pas d’où l’idée m’est venue mais tandis que j’entourais l’un de mes fils pour le protéger, j’ai dit avec un ton léger et impuissant à son frère : « S’il te plait, ne fais pas mal à ton frère… ! » et tandis que lui aussi tentais de taper son frère, j’ai ensuite entouré mon autre fils et dit à son frère avec le même ton impuissant : « Sil te plaît, ne fais pas mal à ton frère » ce qui a commencé à les faire rire. Plus je jouais à me montrer impuissante et désespérée face à leur colère et plus cela semblait les amuser. Donc j’ai répété ce mouvement plusieurs fois, en entourant mes fils à tour de rôle, tout en demandant à l’autre de ne pas blesser son frère. Après seulement deux ou trois minutes où ils avaient ri joyeusement, j’ai suggéré que nous sortions de la voiture et que nous marchions jusqu’à la maison, ce qu’ils ont accepté facilement.

Tandis que nous venions d’arriver à la maison et que je prenais mes cinq minutes usuelles pour ranger les affaires avec lesquelles nous étions arrivés, j’ai vu que mes enfants jouaient tranquillement dans le salon. Comme ils avaient l’air détendu, j’ai décidé de changer mon plan initial et de commencer à préparer le dîner. Je ressens encore de l’émerveillement lorsque je pense à cette soirée en particulier parce que ce jour là, ils ont continué à jouer calmement et de façon coopérative pendant près d’une heure, ce qui m’a donné tout le temps dont j’avais besoin pour préparer le dîner et me détendre moi-même un peu. Un peu plus tard, je me sentais encore plus disponible pour passer avec eux, le moment léger et amusant que j’avais prévu initialement. Et tout ce que j’avais fait était d’utiliser le Jeu-écoute pendant quelques minutes, pour gérer leur explosion émotionnelle, avant de rentrer à la maison… !

Une anecdote illustrant un outil d’écoute nommé Jeu-écoute, racontée par Chloé Saint Guilhem